02.03.2009
J'ai survécu aux César, ne t'en fais pas
Vendredi dernier, j’ai regardé les César. J’imagine le choc que cet aveu ne manquera pas de produire dans les chaumières, mais il se trouve que j’ai une excellente excuse explication.
Tu me connais, je ne vais pas te mentir : ce n’est ni par désœuvrement, ni par sens du sacrifice envers mes chers lecteurs que j’ai boudé le Top 50 du rire pour me vautrer devant Canal +. Non, c’était pour m’adonner à l’une de mes activités favorites : le langue-de-putisme.
Et franchement, niveau LDP, les César, c’est du pain bénit. Démonstration en 5 points :
1/ Antoine de Caunes en maître de cérémonie. Il est sympa, De Caunes. Bien, mais pas top. Perso, j'aurais préféré chanter l’amour avec Edouard Baer ou sentir le cul des gens avec Chabat. Depuis qu’il réalise des films nuls, la "grande famille du cinéma français" ne sait plus quel rôle lui donner, donc on lui a collé celui de M. Loyal. Et lui-même a trouvé la tâche si difficile qu’il s’est drogué à l’hélium dans l’espoir d’oublier les visages funestes qui lui faisaient face. Sauf que l’hélium, ça te donne une voix rigolote pendant trente secondes, puis, très vite, ça ne fait plus rire personne et tu te mets à faire des claquettes. Résultat : à 21h06, quand la camera a balayé la salle, on apercevait déjà des gens roupiller.
2/Charlotte Gainsbourg en présidente. Elle est sympa, Charlotte Gainsbourg. Mais bon, que ceux qui ont entendu son discours d’ouverture sans pousser au maximum le volume de leur télé se manifestent. Plus remarquable (si je puis dire…) que sa voix était l’intonation avec laquelle elle a entamé les hostilités : l’éloge funèbre de Claude Berri n’avait pas commencé que l’ambiance était déjà moins animée qu’une séance parlementaire nocturne pendant les vacances scolaires.
3/ Les actrices : Tilda Swinton attifée comme un clown, Emma Thompson qui cabotine au-delà du supportable et, surtout, Elsa Zylberstein dans une prestation adjanienne du pire effet. Haletante et tremblante, elle semblait revenir triomphante de la quête du Graal alors qu’elle avait juste remporté le César du meilleur second rôle dans Il y a longtemps que j’aime Séraphine, depuis le premier jour du reste de ta vie, n’oublie pas le pain en rentrant un film au titre improbable dont les Français ont le secret. Fort heureusement, Cécile Cassel, qui lui succédait sur scène, a remis les choses à leur place. Quant à Yolande Moreau, je préfère me taire au risque de m’attirer les foudres des nostalgiques des Deschiens (cela dit, si quelqu’un peut m’expliquer, il est le bienvenu).
4/ Les remerciements des lauréats du César du meilleur son. On le sait, ce sont toujours les vainqueurs des prix dont on se fout le plus qui font les speeches les plus longs, mais là, le concept a pris toute son ampleur. Et hélas, cette année, aucun intermittent n’a profité de l’occasion pour faire cesser ces interminables remerciements en interpellant Christine "aneffet" Albanel.
5/ Dustin Hoffman. Qu’on ne se méprenne pas : j’aime Dustin Hoffman, j’ai aimé Little Big Man, Marathon Man, Rainman et d’autres de ses films qui ne se terminent même pas en "man", mais il a fait un discours deux fois plus long (et un peu confus, à vrai dire) que les lauréats du son susmentionnés. Le rythme de la soirée, déjà proche du néant, s’en est ressenti et, sans la présence de mon acolyte de LDP, j’aurais rejoint Morphée et loupé la montée sur scène de Vincent Cassel, tout en sobriété et bon goût(1).
Trêve de ldp : j’ai quand même dû rire au moins sept minutes en cumulé (autant qu’en regardant Bienvenue chez les ch’tis, bravo Dany Boon !).
Mais je ne suis pas sûre qu’on m’y reprendra, à moins d’inviter Ben Stiller.
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(1) Il n’y a qu’à voir sa femme, sublime. Par contre, elle est en voie d’adjanisation, faudrait peut-être lui apprendre à se dérider avant qu’elle plonge tête la première dans de l’encre noire.
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08.02.2009
I'll be back
Dans un accès d'inconscience, j'ai promis à un impatient (qui s'est plaint de connaître par cœur la précédente note, le fourbe) de poster quelque chose ici-même avant aujourd'hui. Or il se trouve que je manque cruellement de temps (faut pas croire, mais entre deux parties de Scrabble, je bosse). Alors, en attendant un come-back digne de ce nom, je vous fais part d'une de mes récentes découvertes.
J'ai en effet compris qui avait inspiré le smiley suivant, que j'ai sobrement appelé tutévu (à cause de Les Nuls) :

Attention les yeux (et les oreilles) !
Ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi !
15.10.2008
L'important, c'est les trois points
Mon appartement est hanté.
L'ancien locataire des lieux m'avait pourtant prévenue de curieuses manifestations (notamment un ouvre-porte et une cuvette des toilettes particulièrement facétieux, pour ne pas dire fourbes), mais je me croyais à l'abri grâce aux gris-gris qu'il avait soigneusement disséminés dans les murs afin de conjurer le sort.

Un gris-gris

Un autre gris-gris

Encore un gris-gris (que les médisants s'abstiennent de toute remarque, j'étais perchée sur une chaise au moment de prendre cette photo)
J'ai commencé à avoir des soupçons avec la mystérieuse disparition d'une housse de couette de mon étendage, un mardi. Certes, je ne dispose pas des épingles à linge les plus efficaces qui soient, surtout face au mistral déchaîné, mais quand même, vous avouerez que c'est troublant.
Appart 1 - Chick 0
Après un été par monts et par veaux, j'ai donc retrouvé des mites au logis, auxquelles j'ai livré une guerre sans merci (dont je suis sortie victorieuse, gnahahaha), relatée ici même il y a environ 128 ans.
Appart 1 - Chick 1
Depuis, les signes de hantise se sont multipliés. Vendredi dernier, le mistral (comme par hasard...) a voulu emporter un drap-housse. Certes, je ne dispose pas du stock de pinces à linge le plus impressionnant qui soit, et pour faire face à la pénurie, j'avais remplacé l'une d'elles par une pince à cheveux du plus bel effet (quoique le mot "effet" me semble ici suremployé). Fort heureusement, un ami qui passait sous ma fenêtre a vu le drap lui tomber dessus (littéralement) et l'a embarqué sous l'œil des badauds interloqués.
Appart 1 - Chick 2
Mardi (comme par hasard...) dernier, l'ancien locataire me rend visite, mais l'ouvre-porte ne l'entend pas ainsi, refusant obstinément de s'actionner. C'est là que je me suis souvenue de ses avertissements : l'ouvre-porte est un peu capricieux, il s'arrête parfois de marcher, mais se remet à fonctionner dès qu'une nouvelle personne prend possession des lieux. J'ai donc pris la décision qui s'imposait : lui faire croire que je déménageais. Eh bien je sais pas si vous avez déjà essayé de jouer un tour à un ouvre-porte, c'est pas évident. Mais il m'a cru, gnahaha.
Appart 1 - Chick 3
At last but not least, en rentrant un matin d'une soirée arrosée, la clé de mon appartement s'est retrouvée coincée dans la serrure. Là encore, j'ai pris la décision qui s'imposait : rentrer par la fenêtre. Prenant mon courage à deux mains et une échelle dans l'autre (j'ai été déesse indienne dans une autre vie), j'ai alpagué le premier mâle qui passait afin qu'il grimpe à ma place — vertige oblige. La demande avait beau être surprenante, le passant en question s'est acquitté de sa tâche sans sourciller ni souci, m'informant au passage que quelqu'un avait embarqué mon drap tombé de l'étendage quelques jours auparavant. Certes, ce charmant monsieur a pénétré mon intimité (parce que bien entendu, il est entré par la fenêtre devant laquelle j'avais accroché mes petites culottes), mais cette remarque m'a interrogée : mes voisins surveilleraient-ils mes moindres faits et gestes, jusqu'aux mouvements de mon étendage ?
Toujours est-il que grand bien m'a pris de rentrer par la fenêtre (pour la seconde fois de l'année quand même), la serrure, déjà un peu grippée, ayant été sans doute forcée par un alcoolique anonyme qui y a laissé un bout de canette, sans grand dommage pour elle ni pour mon porte-monnaie. Match nul.
Appart 2 - Chick 4
Résultat : petite victoire, mais dont je ne saurais me plaindre, surtout après la cuisante défaite que m'avait infligée ma précédente résidence, dont le rapport à la plomberie était pour le moins curieux, et où l'expression "se cailler les miches" prenait tout son sens, quelqu'un ayant eu l'idée originale et décalée de faire un trou dans la fenêtre des toilettes.
01.09.2008
Pour votre santé, n'abusez pas de séries télé
Alors que je parcourais mon agrégateur il y a quelques jours pour y découvrir avec désarroi que la plupart de mes blogs préférés étaient muets, une réflexion me vint à l'esprit : pourquoi les moutons ne rétrécissent pas quand il pleut ? qu'il doit être dur pour ses innombrables lecteurs de constater, mois après mois, que la poule n'est toujours pas sortie de son coma mutisme, que ses constantes statistiques sont au plus bas...
Seulement voilà : c'était l'été (oui, là où j'habite, l'été commence le 22 mai), je suis rien qu'une feignasse qui préfère jouer à TLMVPSP et faire des mots fléchés plutôt que de chercher une idée de post tombée follement amoureuse et sur un nid de mites(1).
A tout saigneur seigneur, tout honneur : l'heureux élu s'appelle Gregory. La quarantaine, médecin, un esprit incroyable. Bon d'accord, il est misanthrophe et cynique au dernier degré (l'un ne va pas sans l'autre, me diront certains), grave toxico et impossible à vivre (l'un ne va pas sans l'autre, me diront d'autres). Mais ça ne me fait pas peur, mes vaccins sont à jour je suis une kamikaze. Le fait qu'on doit être quelques millions dans le monde sur le coup ne m'effraie pas plus; j'ai des arguments de choc (que je ne dévoilerai pas ici pour éviter de faire de l'ombre à mes charmantes lectrices(2)). Ce qui m'embête un peu plus, c'est qu'il soit fictif. Mais bon, comme le diraient plusieurs personnes de ma connaissance, on ne peut pas tout avoir dans la vie: deux mois de vacances et le train de vie de Rockfeller (ça, c'est ma banquière qui le dit), un peu d'air frais et pas de moustiques (oui, là où j'habite, l'été s'achève tu partiras à 100 000 lieues de moi je sais pas quand, mais pas encore), le beurre et l'argent du beurre, le crémier et Dr House...
Enfin bref, quelque part, c'est pas plus mal: aurait-il pu cohabiter avec mes nouvelles petites locataires, un peu pot-de-colle et sacrément pasquines taquines ? Au retour dans mon appartement après plus d'un mois d'errance en compagnie d'une valise chargée d'enclumes, j'ai en effet découvert qu'il était encore occupé, non par de charmants(3) sous-locataires, mais par une colonie de mites alimentaires. Enfin, quand je les ai découvertes, elles étaient encore à l'état de larves, Bernard tapies dans les moindres recoins de ma cuisine. Le visionnage intensif de Dr House ayant eu pour conséquence une certaine paranoïa ("Oh putain, des larves, si ça se trouve, je vais faire un lupus!"), je me suis donc empressée de jeter à peu près tout ce qui se trouvait dans mes placards avant de les décaper en bonnet D bonne et dûe forme. Il faut croire que l'opération n'a pas eu les effets escomptés puisqu'une semaine plus tard, certaines de ces fourbasses de bestioles s'étaient tansformées en mini-cafards volants. Ayant établi le diagnostic différentiel alors que j'étais au téléphone avec une amie, je n'ai pas attendu de raccrocher pour traiter le mal au moyen d'un insecticide vaporisé très (trop) activement. Une heure plus tard, plusieurs symptomes se déclenchaient en moi : maux de têtes, incohérence des propos, dyslexie partielle... Mon sang n'a fait qu'un tour (ou plusieurs, je sais plus) : "Oh putain, ça y est, je fais un lupus l'insecticide, tu m'étonnes que je dise n'importe quoi!" C'est ainsi que je me suis auto-chassée de mon appartement. A mon retour, les mites, elles, étaient toujours là.
Pour résumer, je ne sais pas ce qu'est un lupus, je ne comprends strictement rien à tous les diagnostics de House et l'insecticide n'a absolument aucun effet sur les mites mais, combiné à un abus de séries médicales, peut s'avérer très dangereux pour la santé mentale.
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(1) Ceci est un zeugmapeuprès(5)
(2) J'ai tout de même cru comprendre que faire les vitres en talons n'était pas sans effet sur la gent(4) masculine (à moins que ce soit faire les vitres tout court...)
(3) Dans le cas qui nous occupe, "charmant" est synonyme de bon payeur
(4) La "gent" ne prend pas de E, contrairement au "suspense" : il est important de ne pas mettre tous ses E dans le même panier(5)
(5) C'était un communiqué du Cercle des Capelovicieux Associés
22.05.2008
Ô temps, reprends ton vol !
Il y a des endroits, des moments où le temps semble s'être arrêté.
A la supérette du coin, par exemple, celle où on force les caissières à porter d'immondes blouses. Là, on dirait qu'un complot s'est fomenté au fil des années entre lesdites caissières — qui donnent l'impression d'être là depuis la création du magasin — et les vieux habitués — tellement vieux et tellement habitués qu'ils semblent eux aussi faire partie du décor. A n'importe quelle heure (il faut arrêter de croire que les vieux n'investissent les lieux qu'à leur ouverture, ils sont là TOUT LE TEMPS), même dans les rares moments où le chaland se fait rare, il faut s'armer de patience quand vient l'heure de passer en caisse. Car, quand on n'attend pas la fin de la mobilisation de TOUTES les caissières pour remplir les paquets de la dame qui se fait livrer le contenu de deux charriots chez elle et qui va donc repartir les mains vides, on se retrouve juste derrière la vieille peau dame d'un certain âge qui a une soudaine envie de se débarrasser de toutes ses pièces jaunes en les recomptant une par une parce que oups, elle a perdu le fil de son décompte.
Parfois, ce sont des circonstances et pas un lieu précis qui donnent cette fâcheuse impression que le temps s'est figé. Par exemple, chez toi, quand tu profites d'un soin du visage gracieusement offert par une amie et que la dame qui te le prodigue n'arrête JAMAIS son laïus commercial. Même après t'avoir gentiment proposé de te détendre ("C'est important pour la peau et pour votre bien-être intérieur de s'accorder des moments rien qu'à soi, dans le silence, blablabla..."), même après t'avoir félicitée pour ton absence de rides* ("A partir de 25 ans, on commence à sentir les effets du vieillissement, et ce complexe anti-âge patati patata..."). Ou qu'elle met approximativement un quart d'heure à ranger son stock de produits (digne d'une paraphamacie ambulante) et que t'oses pas recommencer à vaquer à tes occupations pour pas la vexer.
Et puis il y a bien sûr les conférences de presse. Une où tu as fait l'effort d'arriver à l'heure par exemple, ce qui ne t'empêche pas de te retrouver dans une étrange position — dos au conférencier — parce que la scène se passe dans un restaurant et qu'ils n'ont pas enlevé les tables "pour faire plus convivial". Tu te réjouis intérieurement de la disposition de l'espace, pensant que tu vas pouvoir tranquillement admirer la vue, remplir ton carnet de conneries, raconter des bêtises à ton voisin, voire piquer un petit roupillon. Que nenni ! Tu sens bien, à l'arrivée d'un retardataire décontracté à qui on demande, pour faire plus convivial, s'il ne veut pas non plus le journal pour faire les mots croisés, que tu n'as pas intérêt à intervenir pour dire que toi si, ça t'intéresse. Tu sens bien qu'il ne faut pas rire trop fort quand ton voisin se penche pour te dire à l'oreille "Quand je pense que depuis tout à l'heure, tout le monde me regarde bouffer..." ou quand le conférencier balance des anneries du genre "Je suis arrivé ici en 1917" (alors que de toute évidence, il n'a pas 90 ans). Tu sens bien qu'il va falloir faire semblant de prendre des notes pendant une heure et demi parce qu'on ne t'a pas donné en amont de dossier de presse où tu pourrais retrouver l'intégralité du discours qui s'égraine si lentement dans ton dos.

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* T'y es un peu pour rien, mais ça fait toujours plaisir à entendre

