28.04.2008
Vitreuse
Parfois, quand on se réveille au lendemain d'une monstrueuse cuite (presque aussi mémorable que celle où on se retrouve en cellule de dégrisement à l'hôpital pendant toute une nuit avec un pied ayant triplé de volume et un médecin sadique qui prend un malin plaisir à parler d'alcool avec un petit rictus au coin des lèvres), on a besoin de faire quelque chose de fort pour retrouver sa dignité perdue dans les vapeurs de l'alcool (dans la mesure où, en femme de gauche bien déchirée selon la formule consacrée par Drenka, on ne se rappelle plus vraiment de toutes les conneries qu'on a pu déblatérer) : des phrases de 800 signes pleines de parenthèses le ménage.
Et pas n'importe quel ménage : celui en grand, à la hauteur de cette cuite, comme si on nettoyait son corps et son esprit en même temps que son appart'. Car faire place nette procure un sentiment d'autosatisfaction certes fugace mais assez jubilatoire (ce que mes fourbasses d'ex-colocataires n'ont jamais compris, assimilant ce sentiment à une excessive maniaquerie et m'affublant du sobriquet de Monica, comme la mégère ménagère de Friends, ce que j'estime très exagéré au vu de ma remarquable tolérance au bordel).
Or, qui dit "grand ménage" dit "faire les vitres", une activité banale qui revêt un caractère exceptionnel, pour ne pas dire épique, quand, comme moi, on s'y adonne tous les 36 du mois (c'est bizarre, cette expression, pourquoi on dit pas "tous les 32 du mois" ?).
Précisons avant toute chose que mes fenêtres atteignent mon plafond qui, sans être d'une hauteur considérable, peut poser des problèmes de logistique aux personnes de taille moyenne. Sachant que 1) je n'ai pas d'escabeau, 2) même en montant sur une chaise, je n'atteins pas la hauteur escomptée, 3) vertige oblige, il est hors de question que je monte sur le rebord de la fenêtre, j'opte alors pour une solution originale et décalée : me mettre en talons avant de remonter sur ladite chaise. Tâchant de faire abstraction du spectacle que j'offre à mes plus proches voisins (et encore, je n'ai pas de vis-à-vis !), vêtue d'un seul t-shirt trois fois trop grand et de talons, j'entreprends ma besogne en équilibre précaire et prends douloureusement conscience de mes erreurs d'appréciation.
Je n'aurais pas dû me laver les cheveux avant, étant donné que des résidus de liquide pour vitres tombent sur ma soyeuse crinière (et dans les yeux, tant qu'à faire).
Je n'aurais pas dû non plus changer ce qui me sert de housse de canapé car elle fait aussi les frais de la pluie de liquide vitre. Comme le sol.
Je n'aurais pas dû croire que j'avais eu une idée géniale en troquant mes talons contre un balai-brosse me permettant d'atteindre des hauteurs insoupçonnées mais me donnant en fait beaucoup plus de fil à retordre.
Je n'aurais pas dû passer l'aspirateur avant parce qu'en frottant avec le balai-brosse, des morceaux de vieux mastic tombent au sol (et dans les yeux, tant qu'à faire).
Par contre, je suis pas mécontente d'avoir fouillé mon appart' à la recherche de potentiels chiffons, puisque j'ai découvert une tenue stérilisée du plus bel effet, dont je pourrai me resservir le 36 du mois prochain.
17.04.2008
Tous de mèche
Je comptais vous parler de l'impressionnante programmation de W9 (des Japonais dans un jeu vidéo grandeur nature avec décors en carton-pâte, des mochetés qui se transforment en poufs de luxe...), mais hier soir, j'ai une fois de plus cédé à La Nouvelle Star en faisant une tarte pour mes invités (faudrait que je fasse analyser cette manie de regarder La Nouvelle Star en mangeant une tarte avec des gens).
La soirée était intitulée "Tenue de soirée", il me semble. Ce qui, en langage nouvellestaresque, signifie : déguisons les candidats (et les jurés) en pingouins, faisons venir un orchestre de cordes et croire aux téléspectateurs qu'il n'y aura que des chansons de crooner. Car vous ne le saviez sans doute pas, mais Edith Piaf était un crooner. Comme Jacques Brel, The Verve et Murray Head.
J'aimerais vous décrire en détail cette grande soirée pailletée, mais d'une part, je ne suivais que d'un œil (et d'une oreille, ouf!), et d'autre part, je confonds tous les candidats masculins parce qu'ils sont en contrat avec Panthène Pro-V. Je ne me rappelle jamais de leurs prénoms, sauf Y comme Ycare et Kristov, le premier parce qu'il a un regard diabolique (on dirait Jim Carrey dans Cable Guy) et le second parce qu'il a une dégaine de popeux britton et un prénom bulgare.
Pour résumer, malgré les efforts de Dédé (qui a traité un candidat de "Cronner Biactol" et cité Oscar Wilde comme au bon vieux temps de son jeu avec le bloùg), la réplique de la soirée fut signée Sinclair : "Sors de ce nez !" a-t-il asséné à un candidat qui, s'il poussait un peu sa voix dans les aigus, aurait sans doute en effet la tessiture d'un goret qu'on égorge. Candidat qu'on n'entendra plus puisque sa voix nasillarde et lui ont été priés d'aller chanter ailleurs (à Toulon, le pauvre).
Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais également viré la blondasse qui se colle des étoiles sous les yeux pour faire lunaire, originale et décalée (autrement dit, une pâle copie Timothée d'Olivia Ruiz et de Babet) et qui a le sex-appeal d'une palourde, ainsi que Sian (prononcez Chianne, c'est plus classe), qui a interprété de manière fort pompière I will survive (je sais pas vous, mais j'en peux plus, de cette chanson). Dans la charrette, j'aurais mis aussi Ycare parce qu'il sert à rien et puis tous ces mecs L'Oréal parce qu'ils le valent bien (surtout le type qui ressemble au chanteur de Supergrass et qui a massacré Bitter Sweet Symphony).
Bref, j'ai mes favoris : la gagnante annoncée, Amandine, parce que même si elle sait pas trop comment positionner ses mains quand elle chante et qu'elle fait un peu trop de grimaces du genre "je suis imprégnée par les paroles et j'aimerais faire pleurer Lio", elle a une voix qui déchire (et un problème avec les raisins secs) et le mec dont j'ai oublié le prénom mais qui a sobrement interprété du Sinatra hier soir (mais oui, celui qui ne fait pas de pub pour Petrol Hann, plus âgé que les autres...). Et puis Benjamin aussi, uniquement parce qu'il est mignon et qu'il aime Bashung (qui, pour être honnête, ne le lui rend pas vraiment...).
Enfin, LA nouvelle de la soirée : Cindy Sander sera à Baltard la semaine prochaine avec son inoubliable Papillon de lumière. Wouhou !*
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* Ça, c'est de la chute de cheveux, hein ?!

